Ah, l’arrivée du temps des sucres quand l’hiver s’adoucit pour laisser tranquillement sa place au printemps! La température s’échauffe et la sève s’écoule des érables pour produire nos sucreries préférées, qu’on savoure à la cabane à sucre. C’est une tradition au Québec : chaque année une sortie à la cabane à sucre s’impose pour la joie du plus grand nombre.

Bien qu’on associe cette tradition à la Belle province, il faut tout de même mentionner qu’il y a également des cabanes à sucre en Ontario, au Nouveau-Brunswick, au Vermont ainsi que dans l’état de New York. Les deux États américains produisent d’ailleurs le tiers de tout le sirop d’érable. C’est cependant le Québec qui est le plus grand producteur de sirop d’érable en fournissant les deux tiers de la production mondiale.


La cabane à sucre telle qu’on la connaît est apparue au 19ᶿ siècle, mais l’exploitation de la sève remonte à bien plus longtemps. L’eau d’érable, qui est en fait la sève de l’érable, était récupérée par les Amérindiens bien avant que les colons français ne mettent le pied sur le continent. Ils utilisaient le tomahawk pour extraire l’eau d’érable de l’arbre.

Comme la cabane à sucre est une réalité très spécifique à l’Amérique du Nord et très présente au Québec, il y a tout un vocabulaire qui a été développé pour la décrire. J’ai déjà mentionné l’eau d’érable qui est, en fait, la sève produite par l’érable. On sait que cette sève subit plusieurs transformations pour donner naissance aux produits de l’érable dont le sirop d’érable, le beurre d’érable, le sucre d’érable et la tire d’érable.

Temps des sucres - Capsule pédagogique de grammaire incluant une fiche pédagogique pour utilisation en classe avec les étudiantes et étudiants.Il y a aussi d’autres mets qu’on consomme à la cabane à sucre qui ont des noms assez particuliers. On pense aux fameuses oreilles de crisse qui, selon la légende, s’appellent de cette façon parce qu’un homme faisant partie du camp de bûcherons de la rivière Saint-Maurice avait un caractère bagarreur, ce qui faisait qu’on le surnommait « le grand Christ ». Comme il se battait souvent, il n’était pas rare qu’il ait les oreilles en choux-fleurs. Les oreilles enflées ressemblant à la forme du mets de lard frit, elles auraient inspiré le cuisinier du camp qui aurait dit à la blague : Qui veut des oreilles du grand Christ ? ». Les oreilles de crisse sont également appelées oreilles de lard. Une autre appellation assez drôle, c’est les grands-pères dans le sirop. L’origine du nom de ce dessert acadien viendrait du fait que c’était un mets assez facile à manger pour les grands-pères même s’ils n’avaient pas de dents et, aussi, que la forme du dessert ressemblait à un visage de personne âgée. Si on se fie à ce dernier trait, ça crée l’image que les grands-pères sont littéralement dans le sirop.

Blague à part, on connaît la merveilleuse période qu’est le temps des sucres grâce à l’acériculture qui désigne, tout simplement, la culture de la sève d’érable. Dans le fond, c’est comme de l’agriculture, mais avec un érable. Finalement, la cabane à sucre, qu’on appelait avant sucrerie, est aujourd’hui aussi appelée érablière. C’est le lieu où on transforme l’eau d’érable pour produire les autres produits de l’érable et qui est construit au cœur d’une forêt d’érables. Le terme érablière peut aussi désigner le peuplement d’érables uniquement. La cabane à sucre peut prendre un autre sens, celui de la cabane à sucre commerciale. C’est dans cette cabane à sucre-là qu’on va partager notre traditionnel repas de cabane. L’érablière peut aussi avoir ce sens comme en témoignent des cabanes à sucre comme l’Érablière Charbonneau ou l’Érablière au Sous-bois, par exemple. Maintenant que le vocabulaire de la cabane à sucre n’a plus de secret pour vous, mon dernier conseil est de pas trop abuser de la tire !

Télécharger la fiche au format .PDF